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La
foi, la politique, la justice
Se pourrait-il que l’évangile nous invite à
conjuguer ensemble ces trois éléments si différents?
Est-ce possible de vivre sa foi chrétienne,
faire de la politique et dénoncer des injustices, tout
ça en même temps?
Est-ce « correct » comme pratique dans
la religion catholique?
Et
Jésus lui, comment réagissait-il avec les réalités sociales, la
religion et le pouvoir? Nous retrouvons beaucoup d’éléments de réponse
dans ce que les apôtres ont vu et entendu au cours de la vie publique
de Jésus. En effet, l’évangile nous rapporte que Jésus a
d’abord regardé la société de son temps avec compassion et amour
pour ensuite s’impliquer avec son monde, afin que le projet de son Père
se réalise.
Actuellement
nous voyons une pratique dominicale à la baisse, une préparation aux
sacrements diminuée, une distance pour ne pas dire une indifférence
par rapport à l’église, et nous avons tendance à se désoler…
Mais nous voyons aussi des gens se soutenir face à un système de
santé fragile, nous sommes témoins de partage de temps, de talents
et d’argent avec nos frères et sœurs appauvris. De plus en plus
des gens dénoncent les effets négatifs d’une mondialisation à
tout prix et proposent des alternatives intéressantes comme le
commerce équitable, la protection de l’environnement, les coopératives
d’habitation, les jardins communautaires, etc.
Jésus
doit sourire de nous voir désolé parce que nos églises se vident…
Une chose est certaine, il doit se reconnaître dans ceux et celles
qui, chaque jour, se font proche des malades, des pauvres, dans ceux
et celles qui posent les bonnes questions aux partis politiques, dans
ceux et celles qui voient la planète comme un lieu de croissance pour
l’être humain et non un terrain de jeux financier.
Il
y a 2000 ans, Jésus a regardé et aimé les gens de son temps. Et
depuis, plusieurs ont continué comme lui à donner
leur vie… Jean Vanier prend soin des personnes handicapées
mentalement, la juge Andrée Ruffo est la voix des enfants abandonnés
ou traités injustement devant les tribunaux, le Dr Réjean Thomas
soigne et fait des recherches, malgré les préjugés et le manque de
ressources, pour les personnes sidatiques à Montréal, actuellement
des millions de personnes manifestent dans le monde pour dire non à
la guerre… Autant de façons de réaliser ce que Dieu souhaite pour
nous : un monde meilleur un peu plus chaque jour, transformé par
notre engagement quotidien.
Comme
au temps de Jésus, le projet de Dieu pour nous, continue de passer
par les personnes et dans les évènements qui font le quotidien :
se nourrir, se déplacer, travailler, prier, s’amuser,
s’instruire, s’entraider, partager, s’aimer. S’aimer, c’est
l’option que Jésus a toujours toujours privilégié au cours de sa
vie, autant dans ses gestes que par ses paroles.
En
annonçant un Dieu Amour, Jésus faisait en sorte que les gens expérimentent
les bienfaits de l’amour, de la tendresse, de la bonté, qu’ils et
qu’elles puissent vivre une attention ou un accueil particulier de
la part de ses disciples. En présentant un Dieu juste et bon, il
questionnait publiquement l’application de lois injustes pour les
plus faibles et le maintien d’un pouvoir pour les plus forts et
osait mettre en doute le système social et politique du temps. En révélant
un Dieu proche, miséricordieux, Jésus démontre que c’est
l’accueil de l’amour de Dieu qui nous fait être ses enfants
bien-aimés et non la grandeur de nos actions.
À
nous, qui se rassemblent régulièrement autour de la Parole de Dieu
et de l’Eucharistie, rendons grâce au Seigneur pour tous ceux et
celles qui travaillent au même projet de Dieu que nous… ailleurs et
autrement. Soyons des témoins reconnaissants de leur engagement
social et politique, si souvent à la manière de Jésus.
Odette
Belval
Agente de
pastorale
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